OR : LA PÉNURIE DEVRAIT ARRIVER BIEN PLUS VITE QUE POUR LE PÉTROLE !

Sur DAKARAMA SN

Les réserves estimées d’or correspondent à 16 années de production… contre plus de 50 pour le pétrole ! Le métal jaune n’a fait l’objet d’aucune découverte notable depuis… 1995.

Allons-nous manquer d’or bien avant de manquer de pétrole ? On est en droit de se poser la question à la lecture du récent rapport statistique du géant pétrolier britannique British Petroleum. Selon ce dernier, avec 1.696 milliards de barils de réserves et 33 milliards de barils de production annuelle, le ratio réserves sur production de l’or noir est de 50 ans. En clair, à ce rythme de production et sans nouvelles découvertes, il n’y aura plus de pétrole dans un demi-siècle. Et pour l’or, jaune celui-là, le chiffre est encore plus inquiétant…

“Le dernier rapport de l’agence géologique américaine (USGS) estime que les réserves mondiales d’or – celles encore enfouies – se situent autour de 54.000 tonnes. Avec un rythme de production de 3.260 tonnes en 2018, le ratio réserves sur production est à 16,6 !”, souligne Laurent Schwartz, directeur du Comptoir National de l’Or, société française spécialisée dans le négoce de métaux précieux. “Les mines d’or seront donc probablement épuisées avant les champs de pétrole”, conclut ainsi l’expert.

Aucun gisement d’or d’envergure n’a été découvert ces dernières décennies

Bien sûr, le rapport ne se base que sur les réserves connues et exclut les nouvelles découvertes de gisements qui seront faites. Et il est vrai que quelques petites découvertes ont bien été réalisées récemment. « Au Canada, on a trouvé de l’or sous un glacier en Colombie britannique, un gisement d’environ 25 millions d’onces (775 tonnes) a priori. En Chine aussi, on a trouvé un gisement qui contiendrait entre 13 et 20 millions d’onces d’or récemment », rapporte Laurent Schwartz. Reste que dans l’ensemble, “les sociétés minières aurifères n’ont fait aucune découverte de gisements d’envergure depuis 1995, en dépit de budgets d’exploration conséquents, et les découvertes des dernières années ont été très limitées. La production mondiale a donc vraisemblablement atteint un plateau et pourrait décliner de 25% d’ici 2025. Une raréfaction de l’offre de nature à soutenir le prix de l’or”, souligne Benjamin Louvet, gérant matières premières chez OFI Asset Management.

“En dépit d’une hausse des investissements de près de 850% durant la période 2000-2012 (période correspondant à une explosion du cours du métal jaune, qui avait incité les compagnies minières à investir), la production globale d’or est restée désespérément stable”, renchérit Arnaud du Plessis, gérant actions thématiques spécialisé sur l’or et les ressources naturelles chez CPR AM. “Depuis, la chute des cours a contraint l’industrie aurifère à annuler ou reporter nombre de projets, les investissements chutant de près de 70% depuis leur sommet de 2011, la production, quant à elle, s’effritant d’environ 1%”, ajoute-t-il. “Et quand bien même ces investissements reprendraient (sur fond de remontée des cours de l’once, notamment, NDLR), il faut compter de 5 à 7 ans entre l’identification d’un gisement et l’exploitation du premier gramme d’or », souligne Laurent Schwartz.

La diminution attendue de la production d’or incite à investir sur le métal précieux, voici comment

Pour investir de façon simple dans l’or, vous pouvez l’acheter sous forme physique (pièces, lingots ou lingotins), en passant par exemple par des acteurs tels que BullionVault ou CPoR Devises. Les lingotins existent sous différents formats, plus accessibles que les lingots d’un kilo : “10, 20, 31 (le poids d’une once, NDLR), 50, 100, 250 et 500 grammes”, rapporte Laurent Schwartz. Quant aux pièces, elles bénéficient d’une prime, par rapport à leur valeur intrinsèque liée au poids. “Une prime qui varie selon la rareté des pièces. Mieux vaut les acheter sous scellé, avec le numéro associé reporté sur la facture, pour des raisons fiscales (mieux vaut avoir une preuve de la date d’achat de l’or, NDLR) et pratiques (le scellé évite les rayures, qui occasionnent des décotes, NDLR)”, indique l’expert.

Vous pouvez aussi miser sur des produits d’indexation, tels que le certificat Gold Bullion Securities, non couvert contre le risque de change. Ceux qui souhaitent miser de façon diversifiée sur les métaux précieux, que ce soit l’or, l’argent, le platine ou le palladium, pourront s’intéresser au fonds OFI Precious Metals.

Pour ceux qui veulent miser sur les valeurs minières aurifères, mieux vaut passer par des fonds plutôt qu’acheter des actions en direct, afin de lisser les risques. On pourra ainsi s’intéresser à des fonds tels que Global Gold and Precious (Finance SA), ou encore Share Gold (Degroof Petercam), Amundi Funds CPR Global Gold Mines (CPR AM), BGF World Gold (Blackrock), CM-CIC Global Gold (CM-CIC Asset Management) et Edr Goldsphere (Edmond de Rothschild Asset Management).

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