Les femmes se sont toujours levées. Les femmes se lèvent aujourd’hui encore. Les femmes se lèveront toujours.

De Seneca Falls, où des femmes se sont rassemblées pour la première conférence sur les droits des femmes aux États-Unis, à la République dominicaine, où les sœurs Mirabal se sont opposées à la dictature, en passant par tous les récits #MoiAussi partagés sur les réseaux sociaux, les femmes se sont élevées pour faire valoir leurs droits et protéger ceux des autres, transformant le monde tel que nous le connaissons.

À l’occasion de la Journée internationale des femmes, nous rendons hommage aux militantes féministes de tous les pays qui luttent pour un monde meilleur et nous saluons leur persévérance face à l’adversité.

Poursuivez votre lecture pour découvrir comment est née la Journée internationale des femmes et pour en apprendre davantage sur ces femmes qui se lèvent, ici et maintenant.

Au commencement : le droit de vote des femmes, leur droit au travail et la révolution

Dès les premières heures de son histoire, la Journée internationale des femmes a permis aux femmes de s’unir le temps d’une journée autour d’une cause commune, y compris pour protester contre la Première Guerre mondiale.

En 1911, la première Journée internationale des femmes a mobilisé plus d’un million de personnes en Autriche, au Danemark, en Allemagne et en Suisse pour défendre le droit de vote des femmes et leur droit au travail.

En Russie, les femmes ont manifesté en masse en 1917 pour réclamer « du pain et la paix ! » ; le tsar a abdiqué quatre jours plus tard. Cette journée, aujourd’hui une fête nationale russe, est considérée par certains historiens comme marquant le début de la Révolution russe.

La lutte pour le droit de vote des femmes aux États-Unis, 1920

Aux États-Unis, le 19e Amendement a accordé aux femmes le droit de vote en 1920, plus de 30 ans après la Nouvelle-Zélande, premier pays à montrer l’exemple.

En 1848, le mouvement des suffragettes aux États-Unis a donné le coup d’envoi à la première Convention américaine sur les droits des femmes. Après s’être vu refuser le droit de prendre la parole lors d’une convention contre l’esclavage, les Américaines Elizabeth Cady Stanton et Lucretia Mott ont rassemblé des centaines de personnes à Seneca Falls, dans l’État de New York. Là, elles ont réclamé le respect des droits civiques, politiques et religieux des femmes et lancé le mouvement des suffragettes aux Etats-Unis.

Changement politique en République dominicaine, 1960

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Patria, Minerva et Maria Teresa Mirabal étaient de ferventes activistes politiques et des leaders de la résistance contre la dictature de Trujillo en République dominicaine. Malgré les persécutions ordonnées par Trujillo, les sœurs ont continué de plaider en faveur du changement et du respect des droits humains pour toutes et tous. Au mois de novembre 1960, Trujillo a déclaré qu’il avait deux problèmes : l’Église et les sœurs Mirabal.

Le 25 novembre 1960, les sœurs Mirabal ont été assassinées. Leur mort a choqué et déchaîné le pays, provoquant un tollé général. Leur assassinat est considéré comme l’un des événements ayant accéléré le mouvement indépendantiste de la République dominicaine et précipité en moins d’un an la chute de la dictature de Trujillo.

En hommage aux sœurs Mirabal, la journée du 25 novembre a été déclarée Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.

Et maintenant…

Protéger les terres autochtones au Kenya

Alice Lesepen  representing the Rendille peoples of Marsabit County, Kenya. Photo: UN Women/Ryan Brown

Alice Lesepen. Photo: ONU Femmes/Ryan Brown

Au Kenya, dans le comté de Marsabit, les femmes de la communauté Rendille ont uni leurs forces pour protéger leurs terres contre les investisseurs, revendiquant leur propriété.

« Travailler à la recherche d’une solution a véritablement soudé notre communauté », explique Alice Lesepen, membre de la communauté. « Nous avons commencé à organiser des réunions communautaires, surtout entre femmes, pour parler d’une seule voix et réclamer la restitution de nos terres. Nous voulons vraiment prendre part au projet de développement. Pourrions-nous être tenues informées ? Ce projet peut-il se faire avec notre consentement ? »

La population Rendille, portée en son cœur par la voix des femmes, a assigné en justice le porteur du projet de développement dans l’espoir de protéger ses terres communautaires.

L’affaire n’a toujours pas été jugée.

Mettre un terme au mariage des enfants en Inde

Malti Tudu speaking about the women rights awareness to village women during a meeting at Simalbari village in Kishanganj Tehsil of Kishanganj district in Bihar, India. Photo: UN Women/Biju Boro

Malti Tudu parle des droits des femmes à des villageoises pendant une réunion organisée à Simalbari, un village du district de Kishanganj, dans l’État du Bihar en Inde. Photo : ONU Femmes/Biju Boro

Dans cinq États ruraux de l’Inde, des groupes de femmes s’organisent pour mettre fin au mariage des enfants dans leurs communautés. Pendant les réunions communautaires, ces femmes leaders demandent aux participantes de s’engager à ne pas marier leurs filles trop jeunes et à ne pas assister à des mariages d’enfants. À l’issue de ces cérémonies d’engagement, les femmes organisent des rassemblements dans leurs villages pour sensibiliser aux conséquences négatives du mariage des enfants.

« Si tout le monde commençait à boycotter ce type de mariage, cela contribuerait clairement à éliminer le mariage des enfants », explique Malti Tudu, une militante du village de Simalbari âgée de 20 ans. « Une cérémonie de mariage nécessite la présence de plusieurs personnes – un prêtre pour accomplir les rites religieux, un groupe de musiciens pour l’animation musicale, un cuisinier pour préparer des plats pour les invités et les invités eux-mêmes, pour donner leur bénédiction aux jeunes mariés. »

Malti Tudu organise également des interventions dès qu’elle entend parler d’un mariage d’enfants. Elle réunit le plus grand nombre de personnes possible et se rend chez les parents concernés pour promouvoir les droits des filles, notamment en matière d’éducation.

Mobiliser pour l’avenir de la Syrie

Rajaa Altalli, member of the Syrian Women’s Advisory Board, speaks at the UN on women, peace and security issues. Photo: UN Women/Ryan Brown

Rajaa Altalli. Photo: ONU Femmes/Ryan Brown

Le Conseil consultatif des femmes syriennes, créé par l’Envoyé spécial des Nations Unies pour la Syrie, veille à ce que le processus de paix prenne en compte les points de vue et le leadership des femmes. Composé de 12 représentantes indépendantes de la société civile venues d’horizons différents, le Conseil cherche à montrer que les femmes syriennes ne sont pas seulement des victimes, mais également des dirigeantes qui doivent prendre part au processus de paix.

« Les femmes s’efforcent d’avancer, mais elles demandent aussi plus de stabilité », déclare Rajaa Altalli, membre du Conseil consultatif et cofondatrice du Centre pour la société civile et la démocratie, qui vise à renforcer l’engagement communautaire et le plaidoyer pour la paix en Syrie. « Elles militent en faveur d’une transition politique de la Syrie vers la démocratie, un régime très prometteur, mais risquent leur vie pour énoncer la vérité. »